La vuelta, épisode 3 : A travers le Sud et l'Oriente!

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Bolivie - Du Nord de l'Argentine jusqu'à Cochabamba
de Rem, le 03-05-2007

La vuelta, épisode 3 : A travers le Sud et l'Oriente!

Episode 3 :

Vendredi 20 avril, en fin de matinée, je profite de l’unique bus quotidien partant du refuge de la laguna blanca pour San Pedro de Atacama, à 1 h de là, de l’autre côté de la frontière Chilienne. On sent de suite la transition vers un mode de vie beaucoup plus occidentalisé. Après avoir passé le poste de frontière où on me fouille comme cela ne m’étais pas encore arrivée depuis mon arrivée en Amérique du Sud, je me met en quête d’un moyen de rejoindre l’Argentine au plus vite. San Pedro est un village charmant, certes, mais peu accueillant. Un attrape-touriste comme j’en ai rarement vu, où l’on se ruine pour un café ou un coup de téléphone ! J’essaye de négocier avec des routiers, mais finalement, c’est un bus de voyage organisé d’une entreprise minière qui m’embarque en direction de la province de Jujuy en Argentine. Trajet sympa, rencontre intéressante avec ces ouvriers, dont la condition, longtemps difficile, se rapproche aujourd’hui des classes moyennes Européennes.
On me pose à 3h du mat a Purmamarca, jonction entre la route venant du Chili et la fameuse Quebrada de Humahuacca, une vallée magnifique s’étirant sur plus de 200 km entre Jujuy et la frontière Bolivienne. Nuit a la belle étoile sur une colline surplombant la bourgade, décors type grand cañon miniature au réveil. Auto-stop pour parcourir les 20 km qui me séparent encore de Tilcara. La personne qui m’a pris connaît très bien l’association « Musica Esperanza » de Roger et Suzanna (je m’aperçoit par la suite que celle-ci tient une grande place dans la vie du village). Je suis accueilli chaleureusement. Ce sont des compagnons de l’Arche (fondateurs de la communauté des Truel) « expatrié » ici pour un projet qui leur tient vraiment à cœur : ils ont fondé un centre d’éducation par les arts et notamment la musique pour des enfants de tous âge, parfois ayant des difficultés d’insertion. L’endroit est magnifique. Une ancienne villa avec plusieurs bâtiment (dont certains ont été construit par Roger) patios et jardins dans un styles roots vraiment sympa. Les résultats sont probants, et ils s’efforcent maintenant de promouvoir cette méthode éducative. Je suis logé là et je prends les repas avec eux et leur fille, mariée à un bolivien virtuose de Charrango ! J’ai profité de mon séjour dans une si belle région pour faire une petite rando et visiter des ruines Incaïques (voire Photos).
Lundi 23, après 3 jours dans ce petit paradis, je prend un bus pour remonter la quebrada jusqu’en Bolivie. La frontière de Villazón est un gros centre de migration. D’un côté les Boliviens qui essayent en vain de passer en Argentine pour y travailler, de l’autre, les Argentins qui vont allègrement faire leurs courses en Bolivie !
Je retrouve Ana, mon amie Paceña, à Tupiza. Ballade a cheval dans les cañons, baignade dans la rivière (un peu froide et courant fort, mais cool), petite rando le long d’une voie ferrée abandonnée. La ville en elle-même est plutôt tristounette.
Bref (re)passage par Potosi, notamment pour plonger dans l’ « ojo del Inca » (l’oeuil de l’Inca), une lagune d’eaux thermales de 100m de diamètre, parfaitement ronde et très profonde. Un truc vraiment étrange…
Dans cette région, les routes ne sont pas asphaltées. Le trajet jusqu’à Sucre est crevant : chaleur, poussière, bus bondé secoué dans tous les sens ! Découverte de nuit de Sucre, la « ciudad blanca », capitale historique de la Bolivie. Style colonial prononcé, ça brasse du monde à toute heure de la journée. On s’y sent bien. Visite insolite de la « casa de la libertad », ancien haut lieu de gouvernement où fut prononcée l’indépendance de la Bolivie par Simon Bolivar lui-même, tandis que dehors retentissent des slogans et de explosions de pétard d’une manif anti-Evo Morales. On ferme les grilles du musée car paraît-il, la casa de la libertad est souvent prise pour cible lors des soulèvements populaires. On apprend par la suite par la famille d’Ana, télephonant pour s’assurer que tout allait bien, que des manifestants ont carrément dynamité la porte du domicile de représentants du gouvernement… Drôle d’embiance. Un peu plus tard, dans le même musée, rencontre fortuite avec Carlos Mensa, ancien président (impopulaire et de mèche avec les Etats-Unis), venu admirer son portrait dans la galerie du musée !
Vendredi 27 avril à 6h du mat, le bus de Sucre à Santa Cruz nous pose à Samaïpata, petit village perdu dans les derniers contreforts des Andes avant la plaine amazonienne. On finit la nuit sur un banc de la place du village avant de chercher un hébergement pour les prochains jours. La région est splendide, mais une incursion dans le parc naturel de Amboro nécessite un guide. On temporise en visitant un fort Inca perché au sommet d’une colline escarpée (un mini machu pichu), puis la remontée d’une rivière avec des cascades. La flore est dense, plus rien a voir avec l’altiplano ou les déserts et les cactus des vallées et du Sud Lipez ! Des groupes de perroquets ou d’autres oiseaux de toutes les couleurs s’ébattent à notre passage.
Le dimanche, on se lance pour le parc avec Don Gilberto, le vieux loup qui connaît la région comme sa poche ! Là, c’est carrément la selva avec des arbres préhistoriques en guirlandés d’orchidées, les fougères géantes, les lianes,… et les moustiques ! On a pas vu d’animaux (à part des oiseaux et des papillons), mais le paysage est à couper le souffle.
Le jour suivant, on part en stop vers Santa Cruz, avec une étape à un endroit avec des montagnes en forme de pitons assez spéciale. Montée jusqu’à un petit lac perché, super joli, mais où de bonnes âmes d’entrepreneurs touristique ont eut l’idée géniale de planter un hôtel de luxe 100% pur béton avec golf et piscine, rien à voir avec le décor ! Voyant l’endroit désert, les ouvrier terminant la construction étant en train de dîner un peu plus loin, je lance le défit d’aller piquer une tête dans la piscine, histoire de marquer le coup, ni vu ni connu ! Ma fois, elle était bonne, mais on a pas trop insisté.
Un camion nous charge jusqu’à Santa Cruz. Dans la remorque, on était aux premières loges pour aadmirer la transition entre les dernières montagnes et la plaine Amazonienne. Santa Cruz est une grosse ville champignon, industrialisée à bloc, au climat étouffant, marquée par les rivalités avec La Paz et des tendances séparatistes. Pas grand-chose à signaler étant donné notre court passage, le temps de prendre un Bus de nuit pour Cochabamba.
Cochabamba a la particularité de posséder une statue de Jésus plus grande que celle de Rio de Janeiro (on le saura : ils en sont fiers). On peut monter dedans, vue imprenable sur la ville. Une activité intense et très vivante, des marchés à la mexicaine ( notamment celui d’artisanat où j’ai passé des heures à essayer des Charrangos, la spécialité locale), mais un centre ville pas très bien conservé, et on nous répète sans cesse que tel ou tel quartier est dangereux. Petit détail : la bière est pas chère…
Après tout ça, retour sur la Paz le 2 mai, puis Hilata peu après pour continuer avec les projets.

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